Ali Bongo, absent : Lucie Milebou-Aubusson, assurera-t-elle la transition?

Lucie Milebou-Aubusson, présidente du Sénat gabonais. | DR


La présidente du sénat, Lucie Milebou-Aubusson, assurera-t-elle la transition en cas de vacance du pouvoir comme le prévoit l’article 13 de la constitution. Des rumeurs et intox alimentent les discussions dans le pays depuis l’annonce d’une fatigue sévère » selon le porte-parole de la présidence.

Seize (16) jours après l’annonce d’un simple « malaise» comme l’affirmera le porte-parole de la présidence, Ali Bongo, reste invisible et le « malaise» semble bien plus graves. Arrivé à la veille à Riyad, en Arabie Saoudite, le 24 octobre dernier.

D’une part, comme il est de coutume au pays d’Omar Bongo, le rapport de force et des clans se dessine désormais à Libreville, on retrouve ainsi Jean Ping principale challenger d’Ali Bongo à l’élection de 2016 qui se considère toujours comme « le président de la République élu » a appeler au rassemblement à toutes les Gabonaises et Gabonais sans exclusive, le 3 novembre 2018 à son domicile au charbonnage. 

Autres parts, des clans du pouvoir semble se diviser. Entre, d’un côté, le demi-frère d’Ali, Frédéric Bongo et de l’autre côté, l’actuel directeur de cabinet du Président, Brice Laccruche Alihanga. Les acteurs du régime Bongo, peuvent-ils au moins s’en remettre à la présidente du Sénat ? Selon l’article 13 de la Constitution.

La question a été posée à un Juriste-Enseignant à la Faculté de droit et de sciences économiques de l’Université Omar Bongo (UOB), Boniface Roux Boudiala, sur une tribune libre du confrère en ligne GabonMédiatime. «Une fatigue sévère, peut-elle déclencher la mise en œuvre de l’article 13 de la Constitution ? » Dans son analyse en inextenso, il interprète et démontre la mise en branle de la vacance de pouvoir Présidentiel.

Pour l’enseignant, « S’agissant de l’article 13 du titre II de la Constitution, qui traite des prérogatives attachées à l’Institution du Président de la République, il prévoit un dispositif précis, visant à encadrer la transmission du pouvoir politique, en cas de vacance de ce pouvoir présidentiel. Ce texte dispose qu’ « en cas de vacance de la présidence de la République pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement définitif de son titulaire constaté par la Cour Constitutionnelle saisie par le Gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, ou à défaut, par les bureaux des deux chambres du Parlement statuant ensemble à la majorité de leurs membres, les fonctions du Président de la République, à l’exception de celles prévues aux articles 18, 19 et 116, alinéa 1er, sont provisoirement exercées par le Président du Sénat ou, en cas d’empêchement de celui-ci dûment constaté par la Cour Constitutionnelle saisie dans les mêmes conditions que ci-dessus, par le Premier Vice-président du Sénat ».

Dans cet article, Boniface Roux Boudiala démontre qu’il n’y a pas de vide juridique, comme certains s’efforcent insidieusement de l’alimenter dans l’opinion publique.

Le jeune juriste exhorte les autorités « Il convient simplement, de mettre en œuvre la lettre de la Constitution de la République, comme cela avait été le cas, lors du décès de l’ex président de la République, Omar Bongo ONDIMBA. Le choix des articles 1er et 13 de la loi fondamentale n’est pas fortuit ». Conclut-il

Au-delà de toutes discussions, Lucie Milebou-Aubusson reste toujours calme, une personnalité plutôt effacée, s’est jusqu’à présent toujours montrée fidèle au régime. Sera-t-elle fiable jusqu’au bout, au cas où le rapport de force bascule ?

Dimitri ONDO


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