[Enquête] Qui dirige réellement le Gabon en l’absence d’Ali Bongo.  



En l’absence d’Ali Bongo Ondimba, toujours hospitalisé pour un AVC à Riyad le 24 octobre dernier, de nombreuses questions se posent dans la capitale : comment le gouvernement travaille-t-il ? Qui dirige le pays ? Enquête.

L’absence du président Ali Bongo à Ryad depuis le 24 octobre dernier permet de constater l’épouvantail que brandissent à souhait certains insolents prévaricateurs réunis en bande organisée auprès du chef de l’État.

Organisé en clans déterminer a souillée l’image de ce beau pays au rang de vassal. Jusqu’à quand durera encore ce cauchemar ?

La cour constitutionnelle avait été saisie par le premier ministre, Issozet Ngondet afin de constater « l’indisponibilité temporaire » du président Ali Bongo.

Mais pour plusieurs observateurs de la vie politique du pays, la Cour constitutionnelle a modifié la Constitution afin de faire face à « l’indisponibilité temporaire » du président. Elle a notamment autorisé le vice-président, Pierre-Claver Maganga Moussavou, à « convoquer et à présider un conseil des ministres », qui s’est tenu vendredi dernier.

Le cabinet de la présidence est suspendu à ses confidences, tandis que les dirigeants du continent demeurent, à de rares exceptions, mal informés et dans un flou généralement pessimiste. Le porte-parole du Palais du bord de mer ne s’est exprimé officiellement qu’à deux reprises : le 28 octobre, quatre jours après l’admission du président à l’hôpital, pour évoquer une « fatigue légère », ce qui n’avait pas convaincu grand monde, et le 10 novembre, pour indiquer que le président, qui « continu[ait] d’exercer ses fonctions », était « dans une phase de recouvrement de la plénitude de ses moyens physiques », après une « prise en charge médico-chirurgicale en secteur hautement spécialisé ».

Quelques questions

Entre les deux communications, certaines informations ont fuité. Victime d’un accident vasculaire cérébral aggravé par de l’hypertension, le président a été placé en coma artificiel et sous assistance respiratoire afin de diminuer le risque de séquelles – une procédure classique. Il n’aurait été réveillé que le 9 novembre, date à laquelle l’appareillage respiratoire lui a été retiré.

Du côté de l’opposition, c’est le moment de la concertation. Des rencontres ont lieu, les leaders se parlent. On réfléchit aux stratégies. Faut-il organiser une grande manifestation ou une série de manifestations ? Faut-il saisir la communauté internationale ? « Ce que je peux vous dire, assure l’ancien ministre Alexandre Barro Chambrier, c’est qu’on ne va pas rester les bras croisés ». Et le leader du Rassemblement Héritage et Modernité de conclure : « La situation actuelle est inadmissible. On n’a pas de bulletin de santé, on ne sait pas qui dirige. Cela ne peut plus durer ».

L’idée d’une mission de l’Union africaine au Gabon n’est point loins », mais ce n’est pas pour tout de suite, selon une source de l’Union africaine. Lundi, sans s’opposer à une visite de l’UA, le ministre gabonais des Affaires étrangères Régis Immongault a rappelé que la « solidité des institutions gabonaises n’est plus à prouver » et que « la décision de la Cour constitutionnelle rendue le 14 novembre » témoigne de « leur fonctionnement normal et régulier ».

Dès lors, plusieurs questions se posent. Si Ali Bongo Ondimba « continue d’exercer ses fonctions », avec qui le fait-il ? Dans combien de temps retrouvera-t-il l’ensemble de ses moyens physiques et intellectuels ? Un intérim sera-t-il nécessaire au-delà de « l’indisponibilité temporaire » constatée par la Cour constitutionnelle le 14 novembre.