Au Gabon, La santé d’Ali Bongo. Et maintenant?

Le palais présidentiel, le 22 août 2009 à Libreville, au Gabon | AFP/Archives | WILS YANICK MANIENGUI


L’Etat de santé du président Ali Bongo fait couler beaucoup d’encre dans le pays. Après la décision prise par la cour constitutionnelle d’insérer un alinéa dans l’article 13 de la constitution pour indisponibilité temporaire du Président de la République fait apparaître une divergence de point de vue entre le parti au pouvoir et l’opposition. Indisponibilité temporaire et pourquoi ? Et où en est le Gabon ?

Pourtant, dimanche 11 novembre 2018, Le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni, affirmait : « Le président de la République, chef de l’Etat, continue d’exercer ses fonctions. » et toujours Selon ce dernier, « les institutions de la République gabonaise fonctionnent donc aujourd’hui parfaitement dans le strict respect de la Constitution ».

C’est en pleine nuit que la Cour constitutionnelle a convoqué la presse. A sa tête, la présidente de la Cour, Marie-Madeleine MBorantsuo, une proche de la famille présidentielle, notamment d’Omar Bongo dont elle a eu deux enfants. Devant les caméras, les juges sont en tenue civile. Traits tirés, visages fermés. Ils viennent de modifier la Constitution gabonaise, pour ajouter un alinéa à l’article 13 qui, selon eux, comportait « une lacune »

« En cas d’indisponibilité temporaire du Président de la République pour quelque cause que ce soit , certaines fonctions dévolues à ce dernier , à l’exception de celles prévues aux articles 18,19 et 109, alinéa 1er , peuvent être exercées, selon le cas, soit par le Vice-Président de la République, soit par le Premier Ministre, sur autorisation spéciale de la Cour constitutionnelle saisie par le Premier Ministre ou un dixième des membres du gouvernement, chaque que nécessaire», indique le nouvel alinéa de l’article 13 insérer par la cour ». Indiquer François De Paul Adiwa Antony, juge de la Cour constitutionnelle

Pas de vacance du pouvoir donc pour la Cour qui introduit la notion d’indisponibilité temporaire », et autorise ainsi le vice-président « à convoquer et à présider un Conseil des ministres ». Une prérogative qui n’appartenait jusqu’ici qu’au seul président…

Pour l’opposition et la société civile, ce n’est rien de moins qu’un coup de force, « opéré dans une logique de confiscation du pouvoir coûte que coûte ».

« La Cour constitutionnelle a mis à terre la Constitution de la République gabonaise, et ça a tout l’air à ce moment-là d’un coup d’Etat et nous disons non à cela » déclare Bertrand Noël Boundzanga, porte-parole de la société civile

Maintenant, la société civile se mobilise et les mouvements se créer pour exiger «le respect strict de la Constitution».

« Nous allons appuyer et renforcer les différentes manifestations visant à demander le respect strict de la Constitution. Et le respect de notre loi fondamentale que nous allons exiger concerne aussi bien le pouvoir en place que les opposants. Si nous souhaitons que l’article 13 soit mis en application, c’est pour permettre la prestation de serment de la présidente du Sénat et non pour que quelqu’un d’autre, qui aurait soit disant gagné on ne sait quelle élection, soit installé au pouvoir», prévient Ballack Obame, coordonnateur national adjoint des jeunes de l’Union nationale ».

Aujourd’hui le mouvement, baptisé TGV, tendance Jean Ping, dans un meeting, samedi 24 novembre, au quartier général de l’ancien Premier ministre Jean Eyeghe Ndong à Nkembo dans le 2e arrondissement de Libreville, demandé que Jean Ping soit installé dans le fauteuil présidentiel.

Selon certaines sources l’état de santé du chef de l’Etat pourrait susciter des vagues dans le pays pourrait avoir une incidence sur le plan économique.

Depuis une dizaine d’années, le Gabon peinait à attirer des investissements dans son secteur pétrolier et, selon les analystes, les nouvelles conditions proposées devraient permettre de renverser la tendance.


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