Guy Nzouba-Ndama, ancien président de l’Assemblée nationale gabonaise. © DR


Le président du parti « Les Démocrates », Guy Nzouba Ndama, a reconnu à mot couvert le week-end écoulé durant la célébration du 2ème anniversaire de son parti, avoir décapité la Coalition pour la nouvelle république (CNR), un groupement des leaders et partis politiques de l’opposition, chapeauté par Jean Ping qui semble désormais isoler. Quelques années après la fin de la présidentielle d’août 2016, l’ancien iraque du PDG qui s’était pourtant réunis autour d’un même objectif avec l’ancien président de la commission de l’union africaine (UA), tourne désormais dans le désespoir. Guy Nzouba Ndama ne fait plus parti de la Coalition pour la nouvelle république. (CNR)

Guy Nzouba Ndama est le président des Démocrates, annonce la création d’une nouvelle coalition dénommée « Coalition démocratique de l’opposition » (CDO) qui réunit six partis politiques, dont celui du sulfureux Bruno Ben Moubamba. Une initiative qui fait voler en éclat le front uni de l’opposition constitué en 2016 et qui vise à ravir à Jean Ping son leadership.

Par la création de cette plateforme, Guy Nzouba Ndama, veut faire voler en éclats le front uni de l’opposition et conteste ouvertement le leadership de Jean Ping. Par la même occasion, il balaie d’un revers de main l’appel à agir lancé par un collectif de neuf (initialement dix) opposants. En effet, Guy Nzouba Ndama ne revendique pas la vacance présidentielle comme les signataires de cet appel (Le président des Démocrates considère cet appel comme un « coup de com. »). Il se positionne en vue de l’élection présidentielle de 2023 qui est son véritable objectif. 

Il est bien clair que le président des Démocrate entend veux voler la vedette à Jean Ping. « Nous avions un accord que nous avons signé à Mouila dans le cadre de l’élection présidentielle. Cette élection est terminée. Donc, notre accord rentrait dans ce cadre-là. La coalition que nous avions est une coalition informelle. Nous n’avons jamais signé un quelconque document sur cette coalition, j’ai signé avec d’autres présidents des partis une coalition formelle », a justifié M. Nzouba Ndama. 

« Jean Ping devrait se retirer et laisser la place à une nouvelle génération pendant qu’il en est encore temps »,a-t-il déclaré à Libreville devant ses partisans. Pour l’orateur, celui qui fut son mentor lors de la présidentielle de 2016 « risque de livrer le combat de trop. Je l’ai pourtant déjà averti ». A-t-il déclaré ?

Manifestement, Jean Ping joue désormais seul dans son film. Guy Nzouba Ndama, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, Alexandre Barro Chambrier, Zachary Myboto, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi et Clément Didjob Divungui Di Nding, ces grandes figures de la scène politique gabonaise, qui lui ont pourtant voué fidélité durant la dernière présidentielle, lui semblent avoir définitivement tourné le dos. Après ces deux sorties maladroites, aucun des leaders cités n’a daigné commenter.

Au-delà des fonctions que peut-avoir un opposant, la question est de savoir qu’est ce qu’une opposition en politique ? Et quelle sont ces fonctions ?

Selon les spécialistes :

On désigne par opposition les partis politiques ou les mouvements n’appartenant pas à la majorité parlementaire et donc s’y opposant. L’opposition a, dans les démocraties, plusieurs fonctions.

 Tout d’abord, l’opposition constitue un contre-pouvoir : elle permet d’éviter que la majorité, une fois parvenue au pouvoir, n’ait la tentation de mener une politique portant atteinte aux droits et libertés. Pour cela, l’opposition dispose en France de différents moyens : la mise en cause de la responsabilité gouvernementale devant l’Assemblée nationale par la motion de censure, la saisine du Conseil constitutionnel (par soixante députés ou soixante sénateurs), les questions posées au Gouvernement dans les enceintes parlementaires…

 L’opposition incarne aussi la possibilité d’une alternance politique : elle participe à l’existence du pluralisme politique, qui est une des bases de la démocratie. Ce pluralisme permet de choisir ses gouvernants. Or, il n’y a de choix véritable que si l’électeur peut se prononcer entre plusieurs possibilités. Ainsi, l’opposition, en proposant un nouveau cours à la politique nationale, permet aux citoyens éventuellement mécontents de disposer d’un recours. Avec les moyens qui sont à la disposition des parlementaires, elle peut manifester son désaccord envers la politique suivie et tenter de retarder sa mise en œuvre.

 Enfin, l’opposition permet de renouveler le personnel politique : lorsque la majorité perd le pouvoir, une nouvelle génération d’hommes politiques peut trouver une place de choix dans l’opposition, et se préparer ainsi à assumer des fonctions importantes à l’occasion d’une victoire future.

 


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