Comment Ali Bongo gouverne-t-il le Gabon ?



On le dit malade et affaibli, voire incapable d’exercer pleinement ses fonctions. Qu’en est-il réellement ? Des rumeurs le disent hors du pays actuellement pour cause de soins après un nouveau coup de fatigue.

Alors que la société civile gabonaise continue d’afficher leur scepticisme quant à la capacité du président gabonais à gouverner, alors que plusieurs vidéos où Ali Bongo s’exprime son apparu plusieurs fois.

Comment s’organise le travail avec son retour ?

Avec son retour définitif dans la capital gabonaise, le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, et le directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga sont-ils a la manœuvre?

Qui règle les affaires courantes ?

Selon une assertion largement partagée, un triumvirat est aux commandes du pays. Il réunirait Laccruche Alihanga, Frédéric Bongo, le frère du chef de l’État et directeur général des services spéciaux, et Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle. « Je ne vois pas l’empreinte de ce groupe dans la marche des affaires de l’État, relativise un ministre. Par ailleurs, il est dangereux de parler de triumvirat, car ce terme renvoie à une logique de prise illégale du pouvoir. »

Dès lors, plusieurs questions se posent. Si Ali Bongo Ondimba « continue d’exercer ses fonctions », avec qui le fait-il ? Dans combien de temps retrouvera-t-il l’ensemble de ses moyens physiques et intellectuels ? 

Une communication sous contrôle 

Il reçoit, donc il dirige. Les partisans aiment à faire croire que les audiences qu’il accorde à ses partenaires étrangers sont autant de preuves qu’il jouit de toutes ses facultés, qu’il assume pleinement ses fonctions ou qu’il n’est pas isolé sur le plan international. Simples rendez-vous protocolaires dans d’autres contrées, elles servent de preuve pour démentir les supputations sur les absences prolongées du président ou sur la dégradation de sa santé. Exercice obligé pour certains visiteurs étrangers, ces audiences peuvent être fastidieuses. Les hôtes doivent patienter dans le salon d’honneur avant d’être reçus. 

Il faut noter que ce n’est pas la première fois qu’un président gabonais tombe malade. Lorsqu’en 1966 Léon Mba est hospitalisé à Paris, il gouverne à distance grâce à son directeur de cabinet, un certain Albert-Bernard Bongo, puis modifie la Constitution pour se faire réélire en ticket avec ce dernier comme vice-président. Doté d’habilitations, en bonne et due forme, Bongo va et vient au chevet du patient présidentiel, qui gouvernera depuis sa chambre d’hôpital. Lorsque Mba finit par décéder en 1967, il lui succède. Plus tard, il modifiera lui aussi la Constitution pour transformer le poste de vice-président, qui ne sera plus élu, mais nommé et sans attributions propres.

Alors que des milliers d’élèves issus des différentes villes du Gabon protestent contre les nouvelles mesures gouvernementales touchant l’éducation, sans oser le dire ouvertement, beaucoup estiment que la lumière doit être faite.


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