Jo Dioumy Moubassango : « Les problèmes des hommes politiques font suite à l’incompétence des  responsables en communication.»

Cette réflexion menée par Jo Dioumy Moubassango, fait le point sur l’incompétence de certains responsables en communication recrutés à tour de bras pour mener a bien la communication politique.

Pour Jo Dioumy Moubassango, 90% des problèmes rencontré par les hommes politiques son créés par le manque de compétence de leur responsable en communication.

En effet, la communication politique est un art. Soit on l’apprend à l’école et on en devient un spécialiste soit on l’apprend dans le tas auprès d’un grand maître où même de YouTube et on en devient un professionnel. De façon synthétique, la communication politique a pour but d’être le relais de l’action politique.

Je parle bien d’actions politiques et non d’hommes politiques.

Le problème est que ceux qui recrutent des jeunes hommes et jeunes femmes sont obligés de recruter dans leur entourage et souvent des jeunes qui n’ont démontré pour seules compétences que leurs capacités à faire des louanges à la personnalité politique concernée. Je ne condamne pas ce fait mais une fois que ces jeunes sont recrutés, il faut leur expliquer quel est leur job pour qu’ils ne versent pas dans la facilité qui consiste à juste dire qu’untel est bon et untel autre est mauvais. Ils deviennent ainsi des promoteurs de la personnalité politique et non de son action.

C’est ce qu’on qualifie de façon triviale d’atalakou.

Il est possible que cela rassure l’homme politique qui est parfois mis en difficultés mais cette méthode ne tient pas dans le temps. L’effet inverse d’une propagande continue sur un homme politique est de construire la détestation de ce dernier par le trop plein de publications imprécises et qui ne promeuvent que l’homme au lieu de l’action politique de ce dernier.

C’est ainsi qu’un homme dont les compétences sont avérées et dont l’action politique peut-être applaudie, devient la bête noire des réseaux sociaux. Il y aura comme dans un phénomène naturel, un camp qui va se créer pour combattre de façon presqu’automatique et inconsciente la personnalité qui est vénérée à longueur de journée.

Je sais qu’on ne peut plus, dans un monde hyper connectée, faire de la politique sans s’attacher les services d’un groupe de blogueurs. Mais il faut savoir que sur 10 blogueurs recrutés, 2 ou 3 seulement sont capables d’être des producteurs de contenus. Je vous suggèrerais à cet effet de reposer votre travail sur ces 2 ou 3 cerveaux. Le reste de la bande ne fera que le partage des publications pour éviter qu’ils ne dévoilent une certaine forme d’incompétence du fait de leur incapacité à écrire correctement, à structurer un texte et à en juger de la pertinence et de l’opportunité.

D’un autre côté, un leader politique devrait se caractériser par l’humilité et sa capacité de se mettre au service des autres. Il doit aussi être capable d’absorber les reproches et la différence des opinions. Ces valeurs-là devraient aussi être transmise à l’équipe de blogueurs qui se met à son service. Un travail d’évaluation de la qualité et de l’opportunité des publications doit être régulièrement fait pour éviter toutes sortes de dérapages.

L’erreur pour le blogueur ou community manager est de penser que c’est lui qui est attaqué et de réagir avec ses émotions, non c’est l’homme politique pour qui vous travaillez qui est attaquée et la réponse doit être à la mesure des valeurs qu’il porte.

Si je vous dis que ma mère est là plus belle du monde, naturellement il y aura une vague de contestations mais si je dis que ma mère est à mes yeux la femme la plus aimante parce qu’elle a toujours su se battre pour assurer à mes frères et moi une bonne éducation, là j’aurais créé des ponts et d’autres personnes soutiendront et parleront de leurs mamans également.

Restez dans le domaine de l’action politique et des valeurs qui inspirent cette action politique, vous éviterez bien de soucis à votre client. Si je me permets modestement de vous montrer le chemin, c’est parce que je l’ai parcouru déjà. Je vous souhaite plein succès.

Source : Jo Dioumy Moubassango, Ambassadeur de Bonne Volonté