Gabon : la ZES de Nkok, le pays de plus en plus optimiste pour la croissance

Igor Nyambie Simard, l’ADG de la ZERP de Nkok

La montée en puissance de la ZES de Nkok, le Gabon de plus en plus optimiste pour la croissance

Depuis la décision du gouvernement portant interdiction des exportations de grumes depuis 2010, les investissements de Gabon Spécial Economic Zone (GSEZ) dans la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok ont largement contribué à la reconfiguration de la filière forêt-bois gabonaise. En dépit de quelques facteurs, la filière bois reste en position d’évolution de la situation économique.

La montée en puissance de la ZES de Nkok laisse augurer un avenir on ne peut plus optimiste de la filière bois au Gabon. En moins d’une dizaine d’années, cet espace industriel a favorisé un dynamisme sans précédent de l’industrie locale du bois. Grâce à une mutation complète du secteur bois sur l’ensemble de la chaîne de valeur, la ZES de Nkok a généré beaucoup plus de valeur ajoutée pour les opérateurs et artisans gabonais.

Des références internationales

Depuis 2018, le Gabon a acquis le statut de premier exportateur africain de feuilles de placage et le second au monde. À ce jour, la ZES de Nkok compte 108 investisseurs venant de 18 pays différents.

Parmi ceux-ci, 80 opèrent dans le bois. 24 sont ainsi spécialisées dans le sciage des grumes, 42 produisent des feuilles de placage et du contreplaqué et 14 sont passées à la troisième transformation et fabriquent notamment des meubles.

La ZES de Nkok représente 40 % des exportations du pays.

Au regard de la cartographie des exportations du Gabon, hormis le pétrole et les minéraux, la ZES de Nkok génère à elle seule 40% des exportations du pays. En 2018, le Gabon a exporté des produits dérivés du bois dans 33 pays et 59 ports différents à travers le monde, notamment en Italie, en France, en Inde, en Chine, aux États Unis d’Amérique, en Malaisie etc. 80% des produits sont exportés et 20% écoulés localement.

Des chiffres bien en hausse

Le tableau de bord des volumes de bois travaillé sur le site de la ZES est tout aussi édifiant. En 2018, 600 000 m3 de bois ont été transformés au sein de la ZES. Autre détail, la ZES utilise 70% de la matière première et d’ici la fin de 2019, ce chiffre passera à 90%, soit une utilisation optimale de la ressource. En termes d’emplois, la filière a généré presque 4 000 emplois dont 93% occupés par des Gabonais et 7 % par des expatriés.

Aussi, la formation d’employés qualifiés est-elle primordiale pour l’évolution du secteur. Dans ce cadre, les gouvernements gabonais et chinois se sont associés pour créer une école de formation qui sera en mesure d’accueillir 1 500 apprenants issus de toute la zone Cémac. Le besoin de cette main d’œuvre spécialisée est important dans cette filière. L’on prévoit aussi l’intégration de ces nouveaux professionnels dans les différentes entreprises de la ZES.

Respect des normes internationales de la filière bois

Les grumes utilisées à la GSEZ sont certifiées par une agence de validation installée au sein du guichet unique de la ZES. Cela, conformément au partenariat entre avec GSEZBrain Forest (une ONG gabonaise), et l’agence indépendante de régulation pour un système nommé TRACER (FRMI), qui permet d’assurer que le fournisseur conduit ses activités conformément aux lois en vigueur avec du bois 100 % légal et traçable.

Les grandes ambitions nourries par la ZES de Nkok

Les objectifs de la ZES de Nkok, à l’horizon 2030 sont triples. D’abord, il s’agira d’optimiser 100 % de la valeur ajoutée en rentabilisant au maximum l’industrialisation de cette filière bois. Ensuite, former au moins 10 000 Gabonais et leur transférer les compétences nécessaires pour qu’ils s’emploient à développer davantage cette matière première dont ils disposent. Enfin, l’ambition est de faire entrer le Gabon dans le top 5 des pays les plus performants de cette industrie en 2030. Pour ce faire, il est plus que jamais question de développer absolument la chaîne de valeur.

Source : Conjonctures Economiques


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