L’AVOCAT DE JUSTIN NDOUNDANGOYE MAINTIENT LES ACCUSATIONS DE TORTURE SUR SON CLIENT



Dans un communiqué parvenu chez nos confrères Gabonactu.com, Me Calvin Job, l’un des avocats Justin Ndoundangoye, confirme que son client « a péniblement été torturé tard dans la nuit du 26 janvier à 2 heures du matin par trois personnes cagoulées à la prison centrale de Libreville où il est incarcéré depuis le 9 janvier 2020 ». L’avocat, qui a de la suite dans les idées, annonce qu’il va déposer une plainte à ce sujet dès ce matin. L’un de ses confrères sur cette affaire a confirmé l’authenticité du communiqué et la démarche envisagée.

L’avocat prend ainsi le contrepied du procureur de la République, André Patrick Roponat, qui, lors d’un point de presse le 7 février, a nié tous ces faits sur la base des résultats d’une enquête qui aurait été commandée par le ministre de la justice. Me Calvin Job considère plutôt que sa plainte permettra de mener « une enquête digne de ce nom avec recours aux images des caméras de la prison, à des confrontations entre les victimes, entre les codétenus, afin que chacun dise ce qu’il a entendu ou subi cette nuit-là ». On ne peut pas être plus clair pour indiquer que les affirmations du procureur de Libreville ne reposent sur rien.

L’avocat s’étonne d’une telle posture qui s’inscrit dans le déni total de la réalité. Dans cet échange musclé entre l’avocat et le parquet, tous les éléments plaident en faveur du premier. C’est l’avocat de Patrichi Tanasa, Me Anges Kevin Nzigou, qui a évoqué en premier des faits de torture sur son client à la prison centrale de Libreville. Une plainte a par la suite été déposée.

Puis est venu, il y a quelques jours, le cas de Justin Ndoudangoye, député de Franceville, également détenu à la prison centrale de Libreville, mis en lumière par son avocat. Dans une déclaration à la presse il y a quelques jours, Me Nzigou indiquait ne pas avoir de suite pour l’heure de cette action en justice.

Dès lors, comment le parquet peut-il seul engager des actes de procédure, notamment des examens médicaux sur les deux détenus, sans que leurs avocats n’en soient informés ? Ce sont ces éléments en particulier qui auraient dû être recueillis de façon contradictoire pour qu’aucune partie n’en conteste ‘les conclusions.

C’est le sens du communiqué de Me Calvin Job qui qualifie de déni de la réalité les propos du procureur insinuant que les allégations de torture sur son client étaient mensongères. Il n’a pas été associé à cette enquête express, il ne pouvait pas en accepter les conclusions sans trahir son client.

De même, le procureur qui est le maître des poursuites ne devait pas se contenter d’une simple dénonciation. Il se devait obligatoirement de poursuivre les deux avocats pour calomnie. Les dénonciations qui ont été faites par les intéressés donnent une image sombre sur la justice gabonaise.

Elles sont mêmes susceptibles de susciter des troubles à l’ordre public. La famille de Justin Ndoundangoye n’a pas manqué de réagir en mettant en garde les autorités contre tout ce qui peut advenir à leur enfant à la suite des déclarations de son avocat. Un procureur · sérieux ne peut pas laisser cela prospérer sans demander réparation au nom de l’honneur de la justice. S’il n’ose pas aller dans cette direction jusqu’à présent, c’est tout simplement qu’i sait au fond de lui-même qu’un tel schéma est suicidaire. Reste que la détermination des avocats va monter d’un cran. Me Calvin Job considère comme « une menace » la mise en garde formulée à leur encontre par le procureur de la République au nom du ministre de la Justice.

Cela laisse entrevoir un second front à l’intérieur de cette procédure Scorpion. Celle-ci consisterait pour les avocats de la défense à faire la démonstration à l’opinion que le parquet leur pose de nombreuses entraves dans ces procédures liées à l’opération Scorpion.

Cela risque fort de compromettre à jamais l’équité des procès à venir. Un aspect sur lequel les organismes internationaux de défense des droits de l’homme peuvent rebondir pour condamner le Gabon.


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