Comment « l’operation Scorpion » est devenu une affaire française

Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba, accusé de corruption, a été renvoyé du gouvernement gabonais. | DR
Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba, accusé de corruption, a été renvoyé du gouvernement gabonais. | DR


En moins de trois mois, le vaste coup de filet qui a fait tomber l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo et ses proches s’est transformé en patate chaude diplomatique entre Libreville et Paris. Que s’est-il passé ?

Nommé en août 2018 auprès d’Ali Bongo, successeur de son omnipotent père Omar, Brice Laccruche verra ses compétentes très vite élargies à la suite de l’accident vasculaire cérébral, trois mois plus tard, du président gabonais – lequel n’est depuis plus que l’ombre de lui-même, passant l’essentiel de son temps à se faire soigner au Royaume-Uni. De quoi lui faire pousser des ailes.

Accusé de « malversations financières, détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux en bande organisée, concussion de faux et usage de faux ». L’ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo a été déféré vendredi 13 décembre 2019 devant le juge d’instruction spécialisé de Libreville. 

Après plusieurs semaines en prison, l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo a déposé une plainte, le 21 janvier 2019, en France contre X attraper ses avocats. En effet, Brice Laccruche Alihanga (BLA), dénonce une détention arbitraire dont serais victime, ces avocats accusent Noureddin Bongo d’être intervenu dans l’arrestation des deux frères. Des accusations que le porte-parole de la présidence de la République Jessye Ella Ekogha a rejetées en bloc non sans opposer le principe de la territorialité de l’infraction.

Pour Dominique Inchauspé, l’un des conseils, la plainte est motivée par les «atteintes à la liberté, la détention arbitraire et violences volontaires» dont sont victimes l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo et son cadet Gregory Laccruche Alihanga ancien maire de la commune d’Akanda.

Pour les avocats de Brice Laccruche Alihanga (BLA) et son frère, leur double nationalité leur donne tout à fait le droit de porter plainte pour détention arbitraire, a l’exemple de l’avocate franco-camerounaise qui était incarcérée par des décisions de juges d’instruction au Cameroun, dont-il y avait eu une plainte pour détention arbitraire acceptée au tribunal de Paris. »

Pour les avocats, « si la plainte des Alihanga est formulée contre X, Me Inchauspé considère que celle-ci vise clairement les personnes responsables de la détention,  Formellement, c’est une plainte contre X, mais nous désignons clairement les personnels judiciaires qui sont intervenus dans l’ensemble du processus. Et l’instigateur est considéré en droit français comme l’auteur ou le co-auteur de l’infraction ».

L’avenir de l’opération anti-corruption gabonaise Scorpion, va-t-il se jouer en France ? L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba (ABO), Brice Laccruche Alihanga (BLA), et son frère Grégory, seront-il libéré?

Une chose est sur l’avenir nous le dira?