Le BTP congolais sous perfusion internationale



 

Seuls les très rares chantiers adossés à des prêts internationaux ont survécu à la crise suscitée par la pandémie de Covid-19.Pour tous les autres, le gouvernement congolais, exsangue, a purement et simplement arrêté les paiements. Un immense silence est tombé ces dernières semaines sur les chantiers congolais. La société israélienne AMS a abandonné la construction d’un nouvel hôpital militaire à Brazzaville, tout comme le brésilien Asperbras, qui menait neuf chantiers d’hôpitaux départementaux. Quant au groupe Summa, il a arrêté son chantier de Cité gouvernementale, non loin du palais présidentiel du Plateau à Brazzaville, entamé l’an dernier. Une retraite en ordre dispersée qui trouve son origine dans les finances du gouvernement congolais, en cessation de paiement vis-à-vis de ses fournisseurs depuis plusieurs années. Même le français Eiffage a dû plier bagage après avoir attendu en vain des financements gouvernementaux pour la réfection du chantier d’assainissement d’eau à Yoro, dans les quartiers nord de Brazzaville. Seules les rares entreprises disposant de crédits de l’Agence française de développement (AFD) ou de la Banque mondiale sont restées actives et ont même pu, sur dérogation du premier ministre congolais Clément Mouamba, travailler durant la période de confinement entre le 1er avril et le 15 mai. C’est le cas de la société française  Razel-Bec Congo en 2014 par le franco-sénégalais Omar Saab et qui effectue depuis janvier de grands travaux d’extension et de modernisation du réseau d’eau à Brazzaville, la capitale congolaise. Financé à hauteur de 60 millions d’euros par l’AFD, ce chantier est réalisé en association avec une autre société française, SG2-C, filiale congolaise du groupe de BTP Sogea-Satom (Vinci) dirigé à Brazzaville par le Franco-congolais Richel Bassila. L’autre opérateur maintenu à flot par des crédits extérieurs est le chinois  Stecol, qui a entamé sur financement de la Banque mondiale l’aménagement des voiries et la construction des ouvrages d’assainissement d’eau à Moukoundzi-Ngouaka, dans la banlieue sud de Brazzaville.


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