La magistrate française Aurélia Devos bientôt à Kigali pour diriger l’enquête l’ONU sur Félicien Kabuga



Alors que sa séparation d’avec le ministre français de l’éducation nationale Jean-Michel
Blanquer fait actuellement les gros titres de la presse people hexagonale, c’est pour une toute
autre raison qu’Aurélia Devos s’apprête à quitter Paris. Vice-procureure auprès du tribunal de
grande instance (TGI) de Paris, chef de section au sein du pôle crime contre l’humanité,
crimes et délits de guerre depuis 2012, la magistrate française s’apprête à s’envoler pour
Kigali où elle occupera , sous la bannière des Nations unies à compter du 1 er aout, le poste de
« senior pre-trial attorney ».
30 tonnes de machettes commandées en novembre 1993. Dans la capitale rwandaise, cette
juriste aguerrie sera chargée de diriger l’enquête sur Félicien Kabuga, le « financier du
génocide rwandais », arrêté le 16 mai par des gendarmes de l’Office central de lutte contre les
crimes contre l’humanité , les génocides et les crimes de guerre (OCLCH) à son domicile
d’Asnières-sur-Seine, dans la proche banlieue parisienne , au terme d’une cavale de vingt-
deux ans. Ag2 de 84 ans, cet intime du défunt président rwandais Juvénal Habyarimana est
accusé d’avoir importé de Chine plus de 30 tonnes de machettes en novembre 1993, soit
quatre mois avant le début du génocide. Cet arsenal avait notamment équipé des milliers de
génocidaires hutus n les Interahamwe. Kabuga fut par ailleurs le bailleur de fonds de la
Radiotélévision libre des Milles Collines (RTLM) et de la revue Kangura, principaux vecteurs
de la propagande du Hutu Power. En 1997, il avait été inculpé par contumace par le Tribunal
international pour le Rwanda (TPIR) de sept chefs d’accusation en lien avec le génocide. Il
pourrait être transféré dans les prochaines semaines vers l’antenne tanzanienne de

l’International Residual Mechanism for Criminal Tribunals des Nations unies, logée à Arusha,
où a siégé jusqu’en 2015 le TPIR.
Familière du dossier rwandais. Ancienne conseillère du ministre des affaires étrangères de
Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner, Aurélia Devos est particulièrement au fait du dossier
rwandais. Elle avait notamment participé en 2016 au procès des responsables des massacres
perpétrés dans le village de Kabarondo, ainsi qu’à celui de Pascal Simbikangwa. Ancien
officier du Service central de renseignement (SCR), ce dernier a été condamné en appel le 3
décembre 2016 par le TGI de Bobigny à vingt-cinq ans de prison pour génocide et complicité
de crime contre l’humanité.


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