Les aventures russo-libyennes de Jean-Yves Olivier font fuir les partenaires anglo-saxons de sa fondation



Depuis deux mois, le Fondation Brazzaville de l’homme d’affaires Jean-Yves Ollivier père un
virage russe : elle s’est associé, fin mai, à l’institut de recherche Dialogue des civilisations
(DOC), dont le président et cofondateur n’est autre que l’oligarque Vladimir Yakunin , proche
parmi les proches de Vladimir Poutine depuis le début des années 1990. Ancien vice-ministre
des transports, Yakunin a dirigé pendant plus de dix ans la toute-puissante société des
chemins de fer russes (RZD). Très connecté à Paris dans les cercles « russophiles », il a
notamment été, au côté de l’ex-député Thierry Mariani, un des principaux animateurs de la
très influente Association dialogue franco-russe (ADFR). Depuis l’annexion de la Crimée en
2014, l’oligarque est visé par un régime de sanctions du Trésor américain. Ce rapprochement
avec le DOC intervient alors que la Fondation Brazzaville tente de s’imposer comme
médiateur entre le général libyen Khalifa Haftar, activement soutenu par Moscou, et le
gouvernement de Fayez Sarraj, parrainé par la Turquie. S’appuyant sur sa proximité avec le
chef de l’Etat congolais Denis Sassou Nguesso, qui préside le Comité de haut niveau sur la
Lybie de l’Union africaine (UA), Jean-Yves Ollivier essaie actuellement d’organiser une
réunion avec l’ensemble des belligérants au siège de l’UA, à Addis-Abeba fin juillet. Ces
efforts, pour l’instant infructueux , s’accompagnent d’une vigoureuse campagne de
communication dans la presse panafricaine , afin de rappeler qu’Ollivier a déjà exercé un rôle
diplomatique en Afrique australe dans les années 1980 (les médiations menées à cette époque
par les négociant, très soucieux de son image , ont fait l’objet d’un documentaire, lot for
Peace , financé par la fondation de l’industriel sud-africain Ivor Ichikowitz, un proche du
négociant français). En attendant de voir si les efforts libyens d’Ollivier déboucheront sur des
avancées diplomatiques, ses alliances russes, elles, ont d’ores et déjà des conséquences : elles
ont fait fuir plusieurs organisations partenaires de la Fondation Brazzaville dans la lutte contre
les médicaments de contrebande, notamment la Unites States Pharmacopeia Convention

(USP). En mars 2020, le Havard Global Health Institute (HGHI) avait déjà pris ses distances
avec la fondation, tout comme, à la mi-juin, la London School of Hygiène and Tropical
Medicine (LSHTM). La King Baudouin Foundation US envisagerait, elle aussi, de réévaluer
son partenariat avec la Fondation de Brazzaville Tous ces désistements ne sont pas
exactement spontanés. Particulièrement décomplexé sus ses liens avec le pouvoir congolais,
Jean-Yves Ollivier est la cible de tous les partis d’opposition du pays, plus largement, des
ONG qui militent pour la bonne gouvernance en Afrique. Ces dernières voient en lui, à tort ou
à raison, un symbole de la survivance des réseaux parallèles sur le continent. Ce sont ces
ONG qui ont mené des campagnes de courriers auprès des institutions partenaires de la
Fondation Brazzaville, les incitants à rompre les liens avec l’organisation de Jean-Yves
Ollivier suite à l’accord signé avec le DOC.


PARTAGER