Le président sortant s’enferme dans des « magouilles » pour se succéder à lui-même

*** Local Caption *** Le nouveau prŽsident du Karate ˆ (g) et des pratiquants


Jules Bertrand Ongondja Koumoue, ceinture noire 4e dan, gendarme et président sortant de la Fédération gabonaise de Karaté-do et arts martiaux affinitaires (Fegakama), c’est à l’origine du blocage actuel dans le processus électoral visant à renouveler les structures dirigeantes de la Fegakama. Notamment les différentes ligues qui, par la suite, doivent élire le nouveau président de la Fegakama et son bureau. Il veut des hommes à lui à la tête de chaque ligue pour que, le moment venu, ces derniers lui renvoient l’ascenseur. Pour y parvenir, il ne recule devant rien, même si cela doit violer les textes qui régissent le fonctionnement de la  Fegakame. Me Tchien Roger Nzue Ondo, le président de la commission juridique de la Fegakama, a lui-même dénoncé cette situation dans une déclaration récente faire sur le média en ligne gabonallsport. Il a indiqué que les initiatives du président sont tout simplement « contraires aux textes réglementaires qui régissent le  fonctionnement de cette fédération ». La première grosse bévue qui confirme le jugement de Me Tchien est la non-prise en compte par le président des recommandations pertinentes de la commission juridique s’agissant du renouvellement des ligues du Woleu-Ntem, de l’Ogooué-Lolo et du Haut-Ogooué. Selon un membre de cette instance, « les textes de la fédération sont clairs, il faut d’abord tenir une assemblée ordinaire au cours de laquelle l’équipe sortante fait un bilan et obtient un quitus. Ce n’est que par la suite que l’on peut procéder à l’assemblée générale élective. En outre, tout ce processus est sous la responsabilité exclusive de la commission juridique. Cela veut dire que le président de la fédération n’a aucun rôle à jouer ». Or, il s’est trouvé que pour le renouvellement des fédérations du Woleu-Ntem, de l’Ogooué-Lolo et du Haut-Ogooué, le président sortant lui-même était en charge des opérations, en violation flagrante des statuts, sans tenir compte des préalables évoqués plus haut. Il s’est contenté d’organiser des assemblées générales électives partout où il est passé, sans à avoir à organiser au préalable des assemblées générales ordinaires. Mieux, à ces occasions plusieurs autres irrégularités ont été dénoncées, qui ont conduit la commission juridique, dans une note adressée au ministre des Sports, à demander « l’annulation de ces parodies d’élections ». C’est le cas dans l’Ogooué-Lolo. Un président de ligue a été élu alors qu’il a un mandat électif. Ce qui est interdit par l’article 29 des statuts de la Fegakama. En toute logique, ce candidat aurait dû être disqualifié. De même dans le Woleu-Ntem, la liste électorale support de l’élection a été exagérément gonflée. De douze clubs actifs depuis quatre ans dans cette province, seuls appelés à voter pour le renouvellement de la ligue au prorata d’une voix par club, la liste électorale finale concoctée par le président sortant a affiché dix clubs supplémentaires dont les praticiens des arts martiaux dans la province ignoraient jusque-là l’existence. Mieux, certains de ces clubs fictifs, avaient à leurs têtes des personnes n’ayant aucune notion de Karaté. « Il y a pas vingt-deux ceintures noires dans la province. Ce sont les seuls habilités à diriger un club. En conséquence, il ne peut pas y avoir vingt-deux clubs dans le Woleu-Ntem. » Il a fallu qu’un candidat au poste de président de cette ligue fasse un recours auprès de la commission juridique pour que cette élection ne se tienne plus. Autres griefs, le président de la Fegakama a d’autorité décidé d’organiser des passages en grade dans les provinces du Woleu-Ntem et du Haut- Ogooué, sans tenir compte de  l’article 43 des statuts de l’association. Celui-ci dispose que cette matière est du domaine exclusif de la commission de passage et homologation des grades. Le règlement intérieur de la fédération précise en son article 48 que « l’examen de passage de grade est organisé par la commission de passage et homologation des grades. Elle est composée des membres du collège des ceintures noires, des membres de la direction technique nationale, d’un représentant du comité directeur de la fédération ». Sur quelle base le jury sanctionnant ces passages en grade a-t-il été constitué ? Cette question demeure sans réponse. De même, le bureau de la fédération s’est autorisé à organisé à des stages techniques, alors que  cela relève de la compétence  exclusive de la commission technique aux sens des articles 41 et 42 du règlement intérieur. Last but not least, le 10 décembre 2020, le président de la fédération a pris la décision de virer le président de la commission juridique pour avoir « la paix ». Visiblement ce dernier l’empêchait de faire tout ce qu’il veut de la Fégakama. Me Peck Joumas, qui est visé par cette décision, n’a pas voulus se laisser faire. Il a saisi le Comité national olympique (CNO). Il y a visiblement de l’eau dans le gaz à la Fegakama. Saisis, le ministre des Sports et le président du CNO doivent tout entreprendre pour faire entendre raison au président Jules Bertrand Ongondja Koumoue. Sa volonté d’avoir coûté que coûtent des hommes à lui, en contournant les textes de la fédération, cache mal son intention de se maintenir ad vitam aeternam à la tête de la Fegakama. C’est un comportement qui peut occasionner des dégâts dans un sport qui a beaucoup apporté au Gabon.


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